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dimanche 4 juin 2006

Secret spot à Repentigny

Ah, Mourial, ville où viennent mourir les nord-est de Québec!

Appréhendant le cirque à Vaudreuil, nous avons décidé d’essayer un nouveau spot qui m’avait été référé par Jd_alize, sans aucun doute le pseudo le plus songé sur Windsurfing-Quebec.

Le spot est à Repentigny, 10 km à l’est de notre belle, grande et pétoleuse île montréalaise. Il s’agit du Parc de l’Île Lebel, situé au bout de la rue du même nom, que je vous ai map-questisé, histoire de rendre mon topo plus instructif :



C’est un beau parc, comme en témoigne cette photo :



Y a même des toilettes :



Mais crisse que le plan d’eau est loin :



La prochaine fois que j’y vais, je m’amène un génocidaire africain au chômage pour qu’il me fasse avec sa machette un chemin dans les roseaux boueux. Planchette en avait jusque là à la fin de la journée :



L’inconvénient majeur avec le spot, c’est qu’il est extrêmement difficile de jauger la force du vent, à moins bien sûr de se taper l’expédition pour se rendre au bord de l’eau.

Nous avons donc choisi le matériel au hasard. Pour moi, 7,0/135L, pour Planchette, 5,7/105L. Il s’est avéré que nous avions sous-évalué le vent. Planchette a eu le courage de revenir au bord se gréer une 5,0/86L, j'ai eu l'intelligence de prendre son rig!

Quand même assez achalandé, le plan d’eau. Beaucoup de petits bateaux :



Y en a même des gros (heureusement, ils sont loin) :



Le courant m’a semblé assez fort, et sa composante, l’eau, m’apparaissait correcte en terme de qualité, mais disons qu’il vaut mieux naviguer la bouche fermée.

Vais-je y retourner? Probablement, un jour, quand le niveau de l’eau sera plus haut, histoire de diminuer l’aspect hiking du spot. Donc, quelque part entre un 15 et 22 avril, avec un NE.

Si je ne suis pas déménagé à Québec.

jeudi 25 mai 2006

Luc Dubé et l’Île d’Orléans

Je me souviendrai toujours de mon premier rendez-vous galant. Je devais avoir 7 ou 8 ans. Elle s’appelait Carole Beaudry. Elle m’avait invité à aller jouer chez-elle. Elle habitait très loin de chez-moi. À peine trois coins de rues, mais quand on est petit, ça nous paraît énorme.

Je l’ai aperçue sur son balcon au troisième étage. Elle me faisait des bye byes. Et puis, soudainement, se dresse entre elle et moi Luc Dubé, la terreur de l’école St-Arsène, lui aussi amoureux de la belle Carole. Il m’avise qu’il me pète la gueule si je ne rebrousse pas chemin. J’ai plié bagages. Par la suite, je n’ai jamais plus été capable de regarder Carole Beaudry dans les yeux, tellement j’ai eu honte de ma lâcheté.

Vendredi le 19 mai dernier, j’ai failli revivre la même situation à l’Île d’Orléans. Pour ceux qui ne connaissent pas l’endroit, c’est une île à quelques kilomètres de la ville de Québec. Une île qui ressemble à ça dans les guides touristiques :


Mais qui ressemblait à ça la journée où l’Île d’Orléans m’avait donné rendez-vous pour la première fois :



La prévision de vent est de 20-25 nœuds augmentant à 35-45 en après-midi, précisément quand la marée sera favorable (le courant doit être direction contraire au vent). Je mesure un maigre 20 nœuds au bout du quai mais cela ne m’empêche pas de faire dans mes culottes, tellement j’anticipe des conditions radicales, trop radicales pour moi :



Je ne planche pas dans de telles conditions que je dis à Planchette. Mais là, y a le copain Prog qui arrive et qui semble bien décidé à plancher. Puis Sébastien, un ex-montréalais qui habite maintenant à Québec qui s’empresse de se lancer à l’eau. Puis, Planchette qui sort sa 3.5 du camion.

C’est là que j’ai décidé d’exorciser la honte de l’épisode Carole Beaudry. Je sors ma 4.5 Storm que je monte sur cette bonne vieille Tabou Mad Cow 74 litres. Et je décide d’affronter Fleuve St-Laurent alias Luc Dubé.

C’est gros, très gros. Le vent a déjà grimpé dans les 30 nœuds, le swell me semble énorme et me pousse dans les fesses comme des boutons à l’adolescence. Je conserve mon pied arrière hors du footstap, officiellement pour mieux surfer, officieusement pour limiter la vitesse.

Le vent ne cesse de grimper. Je réussis tout de même à tenir le coup une heure et quart et rentre au bercail, assez fier d’avoir surmonté ma peur. Petite conférence au sommet avec Prog et Planchette et nous prenons la décision de nous autoporter à la Baie de Beauport, une dizaine de kilomètres plus loin.

On arrive donc à la Baie de Beauport. Des conditions de 5.7/86 litres. Avec ceci comme plan d’eau :



Au même moment à l’Île Magique, comme notre ami Climaxboy aime bien la nommer (photos gracieuseté Charlieb) :





Avec du recul, je regrette de ne pas être resté à l’Île. Mais je me reprendrai.

Tasse-toi, Luc Dubé.

dimanche 14 mai 2006

M'en va vivre à Québec

Je songe sérieusement à aller m’établir à Québec (260 km au nord-est de Montréal) quand l’heure de la retraite viendra. Comme me disait Planchette hier, là-bas, y a de la neige l’hiver et du vent le reste de l’année. Il me semble qu’il vente sans cesse là-bas depuis quelques semaines, des nord-est.

Ici, à Montréal, on pogne les restants. Jeudi, j’ai réussi à attraper un sud-est à Cartier. De la grosse voile (7,8 m) qui fonctionnait en deux modes : trop gros ou trop petit.

Le lendemain, un vent d’est à Cartier. Mais il fallait être matinal. À 10h, tout était terminé. Heureusement, le chat à ma femme m’avait réveillé à 5h du matin, alors Planchette et moi étions sur l’eau à 7h45 du matin, ce qui nous a permis une petite session du tonnerre.

J’étais en 6.0/100L et Planchette jubilait en 5.0/86L. J’essayais mon GPS pour la première fois. Quel plaisir! Et en prime, cette appareil est un bel outil de croissance personnelle; je me suis rendu compte que j’étais orgueilleux. À un moment donné, j’entends le bruit de sa planche. Pas question qu’elle me double, la petite crapeaude. Je me mets en mode accélération et atteins 44,8 km en un rien de temps, qui fut mon record de vitesse de la journée. L’ennemie était loin derrière!

La journée aurait été parfaite si je n’étais retourné à l’eau en 7.0/135L, dans un vent résolument à la baisse. Je vous épargne les détails, mais disons que ça c’est terminé par une petite nage de 1,42 km, toujours mesurée au GPS.

Hier, toujours un vent d’est. On est debout à 5h30, sans l’aide du chat. Il pleut à boire debout. On s’enligne pour Trois-Rivière (125 km au nord-est de Montréal). Rendus là-bas, on constate un vent anémique et une pluie qui s’acharne. On décide donc de continuer jusqu’à Québec, à la Baie de Beauport, plus précisément. Voici ce que j’ai vu quand j’ai débarqué de mon véhicule :



Belle journée, un avant-midi en 5.0/86L, mon kit fétiche, puis un après-midi en 6.0/105L. J’aurais apprécié un vent plus soutenu, mais la gentillesse des gens rencontrés là-bas a largement compensé.

Ah oui, 46,2 km/h au GPS suite à une tentative de dépassement d'un kiter.

Aujourd’hui, un 25 nœuds à Québec, pendant que je suis sur mon blogue. Et un trois jours de vent minimum estt prévu pour la semaine prochaine à Québec.

Je vous le dis, je déménage à Québec.

vendredi 14 avril 2006

Mes spots à Montréal: Babille

Deuxième sortie hier à Laprairie, mieux connu sous le nom de Babille (y a-t-il quelqu’un dans la salle qui sait d’où ça vient ce nom, Babille???). Ce n’est pas mon spot favori, mais il a l’avantage d’être à un pont de
chez-moi.

Le spot est situé dans la voie maritime du fleuve Saint-Laurent. Ce n’est pas large, 700 m tout au plus. Le vent dominant (SO) est dans la même direction que le courant, ce qui fait qu’on a intérêt à faire du près si on veut revenir au point de départ. Certains questionnent la qualité de l’eau, mais quand la température de celle-ci frise les 3 degrés Celsius, comme c’était le cas hier, y a peu de bactéries qui y survivent.

La malchance m’accompagne généralement lorsque je vais à cet endroit: une voile qui s’envole pour terminer sa course dans des branches d’arbres, des ailerons effrités et un gros chien mort croisé sur l’eau font partie des mauvais souvenirs.

Comme de fait, hier, un panneau de monofilm de ma 5.8 a décidé de céder à peine une minute après qu'elle fut retirée de son sac. Bof, elle avait du vécu et elle se retrouve dans la colonne des voiles décédées avec une honorable statistique de coût de revient (1,76$/heure, nettement en bas des 4,90$/heure moyens).

Heureusement, j’avais une 5,5 qui traînait dans le camion. Et hop, sur la 105 litres. Me voilà à l’eau vers 8h30 du matin, à faire des bye bye aux gens qui filent au boulot sur l’autoroute avoisinante et aux capitaines de bateaux jamais trop loin:


Je me sens tout de même un peu surtoilé et il me semble que ma planche est volage, comme le montre cette photo:


La photo a été prise par mon pote JF-Lemay, un gars qui aime bien se disloquer l’épaule entre deux cigarettes.

Par la suite, j’ai compris pourquoi ma planche se comportait comme un hydrofoil. J’avais par distraction monté un aileron de 44 cm (42 après avoir accroché une roche). La situation s’est nettement améliorée quand j’ai mis un 30 cm (27 à la fin de la session).

Mon problème d’accrochage d’ailerons est sans doute dû à une mauvaise technique de jibe trop près du bord, empiré par un excédent de poids de début de saison:


Heureusement pour la gloire du sport, JF-Lemay et un autre gars que je ne connaissais pas m’ont rejoint sur l’eau vers 10h00, ce qui a considérablement augmenté le niveau:


Le vent a baissé d’une grosse coche à 11h18, ce qui m’a permis tout de même de réaliser une belle statistique de 2h45 de planing.

Et de deux, mon Roger!

vendredi 10 mars 2006

Ma première sortie de planche en 2006

Le 10 mars 2006

Au Québec, il y a quelques originaux qui planchent à l'année longue, dont Yvente, le précurseur de la planche "hors saison", pour utiliser ses propres termes. Moi, ma saison se termine à la fin novembre pour débuter au début mai. En terme de température, celle de l'air additionnée à celle de l'eau doit dépasser 20 degrés Celcius.

Hier, je reçois un courriel d'Yvente qui m'invite à se joindre à lui, aux Roches. On annonce un beau 10 Celsius et un beau vent du sud au Lac Champlain. Je lui réponds qu'il se peut que je m'y pointe, mais quand je tombe sur un site qui donne la température de l'eau (1 degré!), je commence déjà à chercher un prétexte pour me défiler.

Grosse gaffe, je laisse sur l'écran de mon ordi le message d'Yvente. Évidemment, Planchette s'empresse de le lire puis me fait une crise "Tu ne me dis jamais rien, tu m'exclus toujours des décisions et bla bla bla…". Sur sa lancée, elle envoie un courriel à Yvente, que je reproduis ici (ça lui apprendra d'utiliser ma boîte à courriels):

"Salut Yvente,
Ici Planchette, qui t'écrit et qui aimerait bien avoir des amis de planche elle aussi;-)
Tu vois, parce que je suis une femme mariée, je n'ai pas d'amis de planche. Je suis madame Guyt. Guyt et moi on a beau être un couple, mais on n'échange pas tout. En l'occurence, les courriels. Parfois, pas tout le temps, j'ai connaissance que Guyt a reçu un courriel des ses petits amis et là, je suis jalouse.
Prends par exemple ce message que tu as envoyé à Guyt. C'est par hasard que j'en ai pris connaissance, parce que Guyt a laissé l'ordi ouvert à cette page. Je suis pitoyable.
Est-ce que je peux être ton amie et faire partie de ceux à qui tu écris quand il y a une de veille de vent? Tu sais, c'est moi la motivatrice dans le couple! J'ai plus de journées planchées que Guyt en 2005 (183) et j'ai planché le plus grand nombre de jours consécutifs de planche en 2005 également (31). J'aimerais bien me qualifier avec ça!
À demain :-)"


Donc, Planchette est hyper-motivée pour aller plancher. On se lève donc à 6h00 et à 8h30 on est aux Roches (Baie de Plattsburgh, USA) à 85 km au sud de Montréal. Planchette perd un peu de son enthousiasme quand on arrive au spot. Le vent y est, mais il fait frette (5 degrés max).

La voici d'ailleurs qui prend une mesure de vent:


Moi, je songe à retourner dans mon lit douillet. Mais Yvente, Mmimo et la charmante Christiane se pointent, tout sourires. En moins de deux, Yvente se retrouve à l'eau en 5.0, fait des loops, s'amuse dans l'eau comme si c'était le 23 juillet. Encouragés, Mmimo (en 5.4) et Planchette (en 4.5) se lancent. Mmimo et Yvente:



Moi, je regarde, j'hésite, puis je me décide. Je mets mon streamer 5/3, mes bottillons (avec des bas en laine mérinos, le top confort) et au moment où je suis sur le point de me mouiller avec ma 5.7/105L, le vent baisse.

Les gars et la fille reviennent donc au bord. Là, je suis un peu blessé dans mon orgueil et je décide d'y aller cette fois en 6,5:



Grosse surprise, ce n'est pas si froid que ça. J'aurais pu tenir une heure ou deux, mais le vent s'est étouffé après une demi-heure. En fait, j'étais au large quand le vent a tombé. Les deux minutes requises pour le waterstart me sont apparues interminables. L'eau froide change les perspectives. Je réussi tout de même à revenir à bon port:



Un petit lunch, le vent semble de retour, Yvente, Mmimo et Planchette re-décollent. Quelques minutes plus tard le vent meurt. Yvente et Mmimo reviennent vite au bercail. Par contre, Planchette est loin, très loin. Elle est dans l'eau, il n'y pas assez de vent pour un waterstart et faire un tire-veille avec une 85 litres dans la houle c'est pas évident.

Je songe déjà à la prime d'assurance-vie de Planchette, mais Mmimo et Yvente sont plus pratiques; Yvente a amené un kayak, Mmimo part donc à sa rescousse:



Heureusement pour son honneur, une petite rafale de vent lui permet de revenir de ses propres ailes. Mais la madame était pas contente:



Elle me dit: "Je ne veux plus être dans votre gang". Je raconte ça à Yvente, qui dira quelques minutes plus tard à Planchette:

"Tu sais Planchette, tu dis avoir de la difficulté à te faire des nouveaux amis. Moi, mon problème c'est de les garder!". On a bien ri.

En résumé, même si le vent était décevant, on a eu bin du fun et j'ai hâte à la prochaine sortie. Dimanche peut-être...

Incident aux États-Unis d'Amérique