Sujets Fleuves

dimanche 4 avril 2010

Du Costa Rica au Texas

Le retour du Costa Rica s'est très bien passé, mieux que je ne l'aurais cru, compte tenu du bagage que nous avions à transporter. Disons que nous ne sommes pas passés inaperçus aux aéroports de Libéria et Miami avec nos 120 kilos d'équipement de windsurfing.

Une petite semaine de repos à Montréal et hop, on repart pour la seconde partie du voyage, le road trip dans notre Chevrolet Uplander, toute contente de ses nouvelles pantoufles, des pneus Michelin HydroEdge. Quel confort mon ami! Sérieux, j'ai jamais senti les 3387 kilomètres pour nous rendre à Corpus Christi, Texas.

Donc, trois jours plus tard, nous nous retrouvons à Padre Island, longue bande de terre qui sépare la "Laguna Madre" du Golf du Mexique. Plus au sud, vous retrouvez South Padre Island, très touristique, qui a donné naissance à la célèbre série de vidéos "Girls Gone Wild":


Plus au nord, près de Corpus Christi, c'est North Padre Island, avec son parc national qui comprend une section spécialement aménagée pour les windsurfers et les pêcheurs, Bird Island Basin:

Un petit 30$ par année donne accès à l'un des plus beaux sites de navigation en eau plate en Amérique, camping sur place compris. Pas besoin de vous dire que l'endroit est devenu très populaire auprès des windsurfers B.Y.H. (Bring Your Home), vous savez, le genre qui se déplace en grosse maison motorisée:



Comme les B.Y.H. étaient de plus en plus nombreux à s'installer pour longtemps et qu'ils créaient de petits problèmes ici et là (érosion du terrain, accès au site pour les non B.Y.H., etc.), les autorités ont décidé de mettre de l'ordre là-dedans en 2008; Instauration d'une limite de séjour (56 jours/année) et création de trois sections ("RV park, "Tents only". "Day use").

À mon grand plaisir, nous nous sommes retrouvés tout seuls dans la section réservée aux tentes:

C'est que le camping primitif n'est pas très populaire ici, à cause des moustiques ou du vent, entre autres:


Mais rien pour décourager Planchette qui trouve toujours le moyen de cuisiner dans le bonheur, avec son poêle Coleman, pour son Guyt:


Évidemment, nous avons droit à des couchers de soleil de toute beauté, mais ce qui m'a le plus fait flipper, c'est ce coucher de lune:


J'avoue que j'ai presque regretté le condo qui nous attendait le quatrième jour, à deux pas du parc (disons 20 km) . C'est qu'on est hors saison ici, alors j'ai pas pu résister (au grand dam de Planchette) à ce condo à seulement 900$ pour le mois et qui nous offre tout ce que nous n'avons pas chez-nous à Montréal. Je découvre ici le bonheur qu'apportent un lave-vaisselle, un broyeur à déchets, quatre-vingt-dix-neuf postes de télé dans la chambre à coucher et une piscine dans la cour.



Pour ce qui est de la planche, on a été accueillis par quatre belles journées venteuses. Hier, on a manqué une petite journée de light wind, mais c'est pas grave, on a eu un fun noir à magasiner dans les énormes centres d'achats de Corpus Christi, qui ressemble beaucoup à une banlieue de Montréal, avec des palmiers en prime. Tout un dépaysement pour un gars du Plateau Mont-Royal.

Là, je suis dans mon char, tout seul dans la zone "Day Use" de Bird Island, et j'attends que le brouillard se lève pour profiter des vingt noeuds déjà établis:



Le prochain topo, je vous parle plus longuement du windsurfing ici, promis.

jeudi 25 mars 2010

Arenal 2010, le bilan

Ouais bin, c'était pas la meilleure année côté vent au lac Arenal. D'après les locaux, la pire en quinze ans. Mais bon, faut relativiser, une année pourrie à Arenal, c'est quand même pas si mal, jugez-en par nos statistiques de vent:




Le pattern habituel était une séquence de six à sept jours de vent, suivie de deux à trois jours de repos. Bref, assez de vent pour m'éviter la déprime et suffisamment de journées de break pour contrer le burn-out.

Il reste que Planchette a eu très peur pour ma santé mentale dix jours exactement avant notre départ, suite à une prévision météo annonçant de la pétole jusqu'à la fin de notre séjour. Elle prit donc les choses en main, le guide touristique "Lonely Planet" dans l'une et ma destinée à court terme dans l'autre: "On est quand même au Costa Rica, y a des choses à voir, surtout qu'on est pas encore sorti du triangle Equus-Arenal-Tilaran, y a pas que le vent dans la vie et bla bla bla…"

Pas plus tard que le lendemain matin, nous entreprenions ce long voyage de 80 kilomètres (vive le transport en autobus) nous menant sur la côte pacifique, à Playa Hermosa. Le guide Lonely Planet parle "d'une jolie crique sur le pacifique, emprunte de dignité". Pour le logis, nous avons opté pour le "Iguana Inn" décrit comme "une auberge aux chambres légèrement défraichies, tenue par des propriétaires costaricains très détendus, qui créent une ambiance à leur image". L'endroit vu de l'extérieur avait son charme, un peu moins vu de l'intérieur par contre.



Nous avons quand même pris la chambre pour deux jours, ce qui fut une formidable erreur. J'aurais dû avoir la puce à l'oreille lorsque nous avons rencontré le nouveau propriétaire, un canadien-anglais qui avait déjà tenté de faire fortune au Québec en louant des motos marines au lac Saint-Jean. Quant à l'ambiance, elle était assurée par un vieux hippie couché en permanence sur un matelas gonflable dans une piscine à peine plus grosse que le matelas.

Je vous dis pas l'état de la chambre, avec son lit qui avait connu ses heures de gloire au siècle dernier. Impossible de dormir avec la chaleur étouffante et le niveau sonore de la télé du proprio. Le gars ne m'a même pas entendu quand j'ai crié, à deux heures du matin, pour lui demander de baisser le volume. J'aurais frappé à sa porte, mais j'ai pas osé à cause du chien menaçant qui ne cessait de japper.

Inutile de vous dire que nous avons déguerpi assez rapidement le lendemain, après avoir négocié un remboursement partiel, pour finalement trouver un endroit beaucoup plus convenable. Là, j'avoue, notre sort s'est nettement amélioré:


J'en ai profité pour contribuer à la dignité de Playa Hermosa, en me baladant sur le bord de la mer et en y trempant même un bout d'orteil:

Le soir venu, nous sommes tombés dans un romantisme rare chez les Guyt-Panchette, difficile de résister devant ça:


Mais comme nous dépensions à la playa en une journée ce qu'il nous en coûte pour vivre dix jours à Arenal, nous avons vite quitté l'endroit, qui de toute façon ressemblait beaucoup plus aux States qu'au Costa Rica, avec ses "gated communities":


La troisième nuit, nous l'avons donc passée à Arenal, dans notre chère cabana au Costa-Rica:


Imaginez-vous donc que vers trois heures du matin, un miracle s'est produit; le rideau se met à bouger, puis ça branle dans les bambous. Le vent était revenu!

Et comme dans toutes les belles histoires qui finissent bien, ils planchèrent et eurent beaucoup de vent.

mercredi 10 mars 2010

Le guide Guytelain des restos d'Arenal

Il y a deux types de restos dans la région d'Arénal: les bons et les mauvais. Ces derniers sont les plus faciles à identifier grâce à leurs affiches invariablement unilingues anglaises. Prenons par exemple le"Plaza Del Café":


Il faut lire entre les lignes: "Ici, on joue sur votre insécurité pour vous faire payer trois fois le prix la même bouffe que le resto Tico d'à côté". À éviter.

Pour les bons restaurants, c'est un peu plus compliqué à trouver, parce qu'il y en a des tonnes. Le mieux, c'est de faire comme nous et d'y aller au hasard. Chaque resto aura sa spécialité qui vous restera à découvrir. Je vous livre ici mes préférés.

En tout premier lieu, il y a le "Soda La Macha", à Rio Piedras, 30 minutes de marche, à l'est de Tico Wind:


Nous avions découvert ce resto en 2005, alors que le petit pont qui enjambe la rivière était un simple tronc d'arbre, ajoutant un niveau de difficulté pour s'y rendre qui n'était pas désagréable.

Une petite photo de Planchette qui attend d'être servie (ce qui est rare) et qui en profite pour me donner des directives quant aux photos à prendre:


Préparez-vous à en avoir pour votre argent: 6$ par personne, pour un menu typiquement Tico qui ressemble à ça:


Côté toilette, impeccable, quoique un peu kitch:


À deux pas de notre Cabana au Costa Rica, y a évidemment le restaurant Equus, rendez-vous obligé des windsurfers. J'adore y bouffer un tilapia, un poisson livré dans son intégralité:


Le resto est du genre "aire ouverte" et laissez-moi vous dire que de l'air, y en rentre en masse, ce qui explique le gros coupe-vent. Vous remarquerez aussi la lampe frontale qui me sert à mieux repérer les arêtes, le resto n'étant pas particulièrement bien éclairé.

Autre petit conseil: apportez un coussin ou un sac de plastique pour recouvrir la buche de bois qui vous sert de siège, histoire de faire une couche isolante entre vos fesses et les araignées qui logent dans les fentes de la buche et qui ne manqueront pas de vous piquer si vous leur en donnez la chance.


Nos autres restos favoris sont tous à Tilaran. Premier arrêt obligé, la pharmacie, où le pèse-personne me donne une bonne indication de la quantité de bouffe que je pourrai ingurgiter:


Quiconque fréquente le moindrement Internet sait que j'ai perdu énormément de poids depuis un an et je suis toujours sur ma lancée, même que ça frise parfois l'anorexie. On voit à côté de l'assiette le compte rendu de ce que le pèse-personne avait à dire sur mon compte.

C'est que j'ai découvert les vertus d'être un windsurfer de poids moyen; je plane plus vite, coule moins à l'arrêt et me sens plus alerte sur la planche. Je me surprends même à plier les genoux quand je tourne, au grand étonnement de mes nombreux admirateurs ici:


Revenons-en aux restos. Je ne vous recommanderai pas le Tia LaLa qui propose un menu de restauration rapide et qui provoque immanquablement chez Planchette le va-vite.


Par contre, pas de crainte pour la pizzeria Genesis qui propose la meilleure pizza végétarienne que j'ai mangé dans ma vie:


Mon resto préféré à Tilaran demeure tout de même le "Desayuno-Almuerzo-Cena" (Déjeuner-Diner-Souper) en plein centre-ville:


Pour ce qui est de la bouffe, j'ai pas vraiment remarqué, mais checkez bin la serveuse incroyablement sexy que j'ai photographié en faisant mine de viser Planchette:


Je sais pas si c'est un hasard, mais depuis cette photo, Planchette n'arrête pas de parler de commencer à se teindre les cheveux, histoire de masquer le peu de gris.

samedi 20 février 2010

Planchette fait ses emplettes

Le prix de location d’une automobile au Costa Rica étant prohibitif (400$/sem.), nous utilisons pour nos déplacements nos jambes et, quand c’est vraiment trop loin, le transport en commun qui, ma foi, est fort bien organisé. Une fois par semaine, histoire de nous ravitailler, nous allons à Tilaràn en autobus, étant donné les quinze kilomètres à parcourir.

Voici notre arrêt d’autobus, soit le stationnement du restaurant Equus, situé à deux pas de chez nous :



Vous aurez deviné que le restaurant se spécialise dans les grillades sur feu de bois. Equus propose un menu assez varié, comme en témoigne le menu affiché à l’entrée :



Trêve de bavardage, voici notre autobus qui arrive :



La tarification va du simple au quadruple, selon l’âge et la qualité de roulement de l’autobus. Celui que vous voyez sur la photo, c’est un milieu de gamme ; ça va donc nous coûter 500 colonnes (1,00$). Moi, je préfère le bas de gamme, à 250 colonnes (0,50$), pour son ambiance conviviale et son gros chauffeur sympa, généralement occupé à parler sur son cellulaire (le passe-temps préféré des Ticos) :



Tenez, un gros plan de l’horaire des autobus, comme quoi y a pas que les guides du routard et autres Lonely Planet pour vous renseigner :



Et un autre de Planchette et Guyt en train d’étudier l’horaire d’autobus :



Remarquez l’air de Planchette toute heureuse, anticipant déjà le plaisir de parcourir en long et en large, dictionnaire à la main, les trois supermarchés, histoire de profiter des spécialités de chacun, l’un étant la viande, l’autre les yogourts et le dernier le beurre d’arachides. Évidemment, les trois magasins sont aux quatre coins de la ville. Mais comme c’est petit, on s’y retrouve assez facilement, aidé par notre super carte du centre ville de Tilaràn que Planchette ne cesse d’améliorer :



Rendu à la Tilaràn, on passe à la première étape, le SuperCompro. Voici Planchette, toute souriante devant une étiquette rouge :



Et toujours Planchette, en train d’emballer ses achats (en fait, un prétexte pour vous montrer ses beaux biceps de windsurfeuse) :



On passe ensuite aux deux autres supermarchés, le Pali et le Zamora. Je vous épargne les photos de ces derniers, pour plutôt vous montrer la dégradation des états d’âme du Guyt, excédé devant tant de magasinage.



Puis, c’est le tour des marchants ambulants et de la pâtisserie:



Étape cruciale de la journée, le réaménagement des items d’épicerie dans le parc de Tilaràn ; le froid avec le froid, le fragile par-dessus le lourd, avec une attention particulière aux bananes :



La journée se termine invariablement à la boutique de souvenirs où Planchette va acheter des bijoux pour ses copines de bureau :



Petit message aux copines de bureau, histoire de vous éviter un trop plein d’émotions lorsqu’elle va vous remettre les bijoux. Elle les a payés 1,00 $/pièce et les plus beaux, elle les a gardés pour elle. La voici au terminus d’autobus. Regardez comme elle est fière de son coup, sous le regard désapprobateur des petites madames :



Le moment fort de ma journée, l’autobus qui me ramène chez-nous :

mardi 9 février 2010

Et s’il ne ventait plus jamais?

Grosse déception ce matin quand mon réveil matin, le coq du voisin, m’a précipité vers la fenêtre pour observer les feuilles des arbres ; pas une seule qui bouge. Tout est calme, même que le satané chien du voisin ne trouve aucun motif pour japper, ce qui est rare. Je peux même entendre les lézards qui lézardent dans les murs de notre cabana.

Pas de vent hier non plus. Et les jours précédents n’ont pas été particulièrement ventés : De la grosse 5,9 en 93 litres. On est loin du gros baston auquel nous sommes supposé avoir droit jusqu’à la fin février et qui ressemble à ça :


(moi en 3,5, ce fameux 11 janvier)

Mes statistiques de vent en ont pris un coup : 26 jours de planche sur une possibilité de 35. C’est seulement 80% de journées planchées. Une très mauvaise année jusqu’à présent, avec les locaux qui ne cessent de me répéter « t’aurais dû être là, l’an passé » ou encore l’éternel « On avait jamais vu ça » Tenez, je vous balance mes stats de planches et de voiles utilisées jusqu’à présent, pendant qu’elles sont encore potables :


Ce matin, Planchette, sentant la déprime m’envahir, m’a fait de bonnes crêpes. J’ai hésité à manger la troisième. Faudrait surtout pas que je prenne du poids, histoire de conserver l’avantage d’un poids moyen pour le mois de mars qui s’en vient, réputé pour son « light wind ». Je l’ai tout de mangé, me rappelant que j’ai perdu au moins 2 kg depuis mon arrivé ici. J’essaie aussi de compenser pour cette pauvre Tabou Da Curve qui ne cesse de prendre du poids (500 grammes depuis son arrivée au Costa Rica). C’est que la planche boit de l’eau et je ne parviens toujours pas à localiser la source d’infiltration. La pauvre ne le sait pas encore, mais j’ai déjà acheté sa remplaçante, une Fanatic FreeWave 75 TE. La Da Curve 79 n’atteindra jamais les 412 heures de navigation, soit la durée moyenne de vie de mes planches, toujours selon mes statistiques.

Heureusement, les statistiques, c’est comme le mariage, y a des hauts et y a des bas. Prenez par exemple ma voile The Loft O2 5,9 : la petite maudite a déjà 174 heures de navigation, soit un gros 50 heures de plus que l’espérance de vie de mes voiles de surface équivalente.

Bon faut que je vous laisse, faut que je courre après Planchette qui vient de ma plaquer là, me laissant avec mes fautes d’orthographe, dans ce petit resto à Tilaran, en me disant : « Tu sais quoi, Guyt, t’emmerdes avec tes statistiques ».

Incident aux États-Unis d'Amérique