lundi 10 avril 2017

1001 Sorties: À la découverte de moi-même

Ce fut donc une belle première semaine au Cap: cinq sorties dont une qui tombe dans la catégorie des "On avait jamais vu ça". Pour vous dire comment c'était fort, Rita s'est fait emportée par une rafale de vent et roulait sur la plage! Enfin, c'est ce qu'on m'a raconté, moi, j'étais sur l'eau avec la 3.3 à Planchette.

Tenez, voilà à quoi ressemblait le Canadian Hole, le lendemain matin, quand le vent c'est calmé:



Sinon, ma première semaine avec Éric, avec qui je partage la maison pour deux semaines, s'est bien passée.  En tout cas, de mon point de vue. Faut dire que je l'avais testé l'an passé alors qu'il avait été notre invité pendant une semaine.  Mais Planchette était dans le décor, ce qui n'est pas le cas présentement. D'ailleurs,  elle avait beaucoup apprécié la présence d'Éric,  ça lui faisait quelqu'un avec qui parler.

Toujours du côté des relations avec le monde extérieur, petit malaise cette semaine.

Je reçois un message privé d'un ami Facebook  qui me demande si je pourrais le dépanner en l'accueillant avec un autre ami pour deux jours. Dans son message, il écrit la pire des choses qu'on puisse me dire:

" Sens toi bien à l'aise de refuser, il y a sûrement de la place dans un motel aux alentours en dernier recours ... Mais le Cap sans les chums et les histoires de la journée à se raconter c'est comme pas pareil !".

Justement, si vous voulez que je sois mal à l'aise, mettez-moi dans un groupe. Une relation de personne à personne, ça va. Mais plus que ça, c'est "L'enfer, c'est les autres", de Jean-Paul Sartre.

Manque de pot, un couple m'a demandé la même chose le lendemain, J'ai aussi dit non et j'ai su par la suite que ça les avait offusqués, je l'ai appris d'un ami commun.

Luc,  je le vois depuis 25 ans, soit depuis mes tout début en windsurfing en 1993. On a souvent des conversations intimes, alors on se connaît bien. Il partageait une maison avec le couple en question. Pour expliquer mon refus, Il leur a  dit "Faut pas en vouloir à GuyT, c'est un autiste intelligent".

J'ai franchement rigolé quand il m'a raconté ça. Deuxième réflexe, je suis allé sur Internet, histoire de passer un test d'autisme. Surprise, je score très haut dans le spectre!





Me voilà donc rassuré pour le reste de mon existence, fini les sentiments de culpabilité parce que je suis malhabile socialement.  Et ça explique certaines manies chez moi, comme ce goût immodéré pour les statistiques.

Remarquez, je pourrais toujours suivre une thérapie coûteuse pour améliorer les choses. Mais bon, vu le prix de l'équipement de windsurf, faut savoir prioriser, non?

lundi 3 avril 2017

1001 Sorties: L'Arrivée

Après 1351 km, 15h34 de route et $47.50 de péages, je suis arrivé hier au Canadian Hole. Comme c'était pas chaud (10C), que le vent me semblait léger et que je suis pas encore certain de mon épaule, j'ai limité l'affaire à une petite heure de planche en mode surtoilé (7.4/125L).

La route fut agréable, dommage que j'ai pas pris de photo dans les Adirondack, c'était beau de voir la nouvelle neige qui pesait sur les branches d'arbres, fatigués par un hiver qui s'éternise. J'ai suivi les conseils d'une amie et j'ai couché au Rest Area à l'entrée du Pont de la baie de Cheasapeak, histoire de traverser le pont (7 km), au levé du soleil. Dommage qu'elle avait pas spécifié qu'il fallait que je lève pendant qu'il faisait encore noir, si je voulais pas le rater.

Un gros merci à Julie (la dame cachée dans le GPS) qui m'a ramené à plusieurs reprises sur le droit chemin. À un moment donné, je l'ai presque senti perdre patience quand elle m'a dit "Vous tournez à gauche quand vous pourrez."

J'étais content de retrouver ma maison à Buxton. J'y suis pour 6 semaines, les 4 premières gracieuseté de Planchette. Mes voisins sont des pêcheurs, à voir leur mine, j'ai pas à m'inquiéter en cas d'attaque de zombies.



On nous annonce de gros vents pour les jours qui suivent, mais aujourd'hui, c'est calme, alors j'en ai profité pour aller voir si la mer est toujours là.



Elle l'est.

Tourlou!

vendredi 31 mars 2017

1001 Sorties: Départ pour le Cap

Bon voilà, c'est demain mon départ pour le Cap Hatteras; c'est mon cinquième séjour là-bas, mais y a du nouveau cet année: je fais la route seul, sans mon partenaire de planche.

Se rendre à The Gorge (4,800 km), c'est un jeu d'enfant: la I-69, puis la I-94 qui devient la I-80 et finalement la I-84, du Utah à Hood River. Pour aller au Cap Hatteras (1362 km), c'est une autre histoire. Visuellement, ça a l'air simple:


Mais dans les faits, c'est compliqué: 46 changements de route, 4 pages d'instructions Google Map. Même avec Planchette comme copilote, j'arrive toujours à prendre la mauvaise sortie, ce qui provoque chez moi une poussée immédiate d'urticaire suivi d'une bonne engueulade avec Planchette, qui n'apprécie pas toujours son rôle de bouc émissaire.
  
Mes chances d'arriver à bon port en m'appuyant seulement sur mes propres ressources sont évidemment nulles. Je me suis donc procuré un navigateur gps Garmin, que j'ai testé sommairement. Comment ai-je pu vivre sans ce gadget? La madame me prépare psychologiquement avant un changement de route, insiste juste ce qu'il faut quand c'est le moment crucial, s'impatiente pas après moi quand je gaffe et me suggère tout se suite les correctifs nécessaires. Tout ça avec une voix incroyablement sexy.

Pour me mettre dans l'ambiance du road trip, j'écoute en boucle:


Comme le dit si bien un commentaire du vidéo, "la musique était meilleure quand on laissait les gens laids en faire".

Tourlou!


1001 Sorties: Introduction

C'est pas que je veux être déprimant, mais soyons réalistes, j'en ai plusse derrière que devant. Or, vous me connaissez, je suis un gros fan de statistiques. Alors, en faisant des projections, j'en suis arrivé à la conclusion que j'avais  grosso modo un millier de sorties devant moi.

Je vais donc vous raconter ici ce qui est digne de mention ou encore ce qui est trop con pour être raconté.

Ça commence dimanche en Caroline du Nord, plus précisément au Cap Hatteras.

Tourlou!

jeudi 25 août 2016

Les Trois Tentations du GuyT

Ça s'est passé il y a quelques jours aux Gorges.

Je sors du restaurant Pedro's Pizza, où je suis allé souper avec une copine. En reculant avec mon Promaster, j'enfonce le pare-choc d'une voiture toute neuve. Ma van s'en tire indemne,  mais c'est une autre histoire pour la belle Subaru:


Un petit diable dans ma tête me dit "hit and run, mon GuyT". Mais j'ai vite rejeté cette idée. Bon, faut dire que la copine avec qui j'étais est une policière, alors ça influence. Mais je pense que même si j'avais été seul, j'aurais fini par faire la même chose, soit d'appeler les policiers pour signaler l'accident. Un gars veut surtout pas se mettre dans le trouble aux States, t'as l'air fin si tu te fais interdire la frontière U.S. par la suite.

Deuxième tentation le lendemain à Roosevelt. Je trouve un portefeuille avec 65$ et des cartes. Planchette en avait déjà perdu un. Tout un drame, parce qu'il y avait ses cartes de crédit, son permis de conduire etc. On avait retrouvé le portefeuille, l'argent n'y était plus (200$), mais on s'en foutait, les cartes y  étaient encore.

J'ai donc été tenté de faire la même chose: je garde le fric et remets le portefeuille avec les cartes. Mais en regardant le contenu, je me suis rendu compte qu'il appartenait à un Mexicain, sans aucun doute un "fruit picker" qui a trimé dur pour ce 65$. J'ai donc remis le portefeuille avec l'intégralité de son contenu à Dan le "camp host". Je connais Dan depuis longtemps, c'est un gars qui respecte énormément ces travailleurs illégaux qui, disons-le, se font assez exploiter. Pas de doute dans ma tête que Dan va retrouver le propriétaire du portefeuille.

Le surlendemain, troisième tentation. Je vais manger au Thai à Hood River. J'y vais assez souvent, et comme j'ai fait connaître l'endroit à plusieurs personnes,  j'y suis toujours très bien accueilli par la famille qui tient le restaurant.

Aux États-Unis, un pourboire de 20% et plus est la norme. Si on laisse le 15% usuel au Québec, on passe pour un radin. Je paie donc ma facture avec un 20$, la serveuse me remet la monnaie. Je me rends tout de suite compte qu'elle m'a remis 1$ de trop.

Je peux donc laisser 4$ de pourboire, la serveuse va penser que je lui laisse 20% de pourboire, alors que dans les faits avec le 1$ de trop, je lui ai donné 15% de tip. Je quitte donc le restaurant, mais fais demi-tour et je remets le dollar de trop à la serveuse.


Le calcul que j'ai fait? En résistant comme Jésus-Christ aux trois tentations du diable, je venais de me gagner à coup sûr une place au Paradis. Même que ça pourrait être un Prime Spot.


samedi 9 avril 2016

Le Ram Promaster, Mon Avis


La question piège: alors, GuyT, t'es content de ton Promaster?

Petit retour dans le passé. J'ai commencé à faire des recherches en 2013 pour mon prochain Wind Mobile, celui qui allait être mon véhicule de transport pour cette retraite amplement méritée. Après tout, j'avais purgé la peine maximale, soit 35 ans d'enseignement.

Trois options s'offrait à moi: le Sprinter, le Ford Transit et le RAM Promaster. J'ai vite éliminé le Sprinter un peu à cause du prix, mais surtout à cause du service plus coûteux et plus compliqué, vu le nombre plus limité de concessionnaires Mercedez-Benz. Faire 4 heures de route pour une visite au concessionnaire MB le plus près d'Hood River, c'est pas quelque chose qui me tentait vraiment.

Restait donc le Ford Transit ou le RAM Promaster.  La décision s'est imposée d'elle-même quand Ford a reporté la sortie du Transit en début d'été 2014. Comme je voulais un véhicule aménagé avant l'arrivée du printemps...



Deux ans et 50,000 km plus tard, suis-je content de mon Promaster? Le Ford Transit aurait t-il valu l'attente?

Le gros avantage du Promaster par rapport aux autres de sa catégorie, c'est son rapport espace cargo/longueur et ce, grâce à sa largeur et sa forme carrée. Pour seulement 18 pouces de plus en longueur qu'un Chrysler Town & Country, je suis capable d'y entreposer 6 planches, 11 voiles, 8 mâts, 4 booms, tout en étant capable de vivre dedans. Et, avec mes 6 pieds, je suis capable d'y être debout. Pour avoir la même hauteur avec le Transit, il aurait fallu y aller avec le modèle plus long, donc plus difficile à garer dans les parkings restreints aux Gorges.




Autre avantage du Promaster: c'est que c'est une traction avant, alors il affronte mieux en hiver les bancs de neige du Plateau Mont-Royal.

Je n'ai pas essayé le Transit, mais chose certaine, le Promaster est très confortable sur de longues distances et se conduit aussi bien qu'une mini-fourgonnette. En fait, mon Promaster a un meilleur rayon de braquage que mon Chevrolet Uplander!

Mais mon gros questionnement, c'est par rapport à la fiabilité du Promaster. Bon, le mien est de la première cuvée, alors fallait que je m'attende à avoir les bugs des premiers modèles. Disons que je les ai pas mal tous eus: freins avant qui crient comme un cochon qu'on égorge, radiateur qui coule, suspension arrière qui fait couit couit. C'est corrigé depuis, mais si j'ajoute les 5 rappels,  j'ai passé pas mal de temps au garage. Remarquez, c'est un passe-temps comme un autre,  mais je peux vous dire qu'il y eu sur le forum Promaster une couple de travailleurs assez frustrés du temps et de l'argent perdu.

D'ailleurs, ça chiale pas mal plus sur le forum du Promaster que celui du Ford Transit, ce qui me laisse croire que le Transit a moins de problèmes.

On va se le dire, Promaster, c'est un produit Fiat (Fix It Again Tony) et, malgré l'aspect carré du véhicule, ils ont peut-être coupés les coins ronds niveau qualité. Par exemple, ma porte coulissante refuse de s'ouvrir de l'extérieur quand il fait trop chaud, un fil de métal qui se dilaterait un peu trop. J'ai examiné attentivement le Transit d'un copain aux Gorges et il me semble que ce dernier l'emporte coté qualité de construction. Mais y a jamais de miracles, le Transit coûte plus cher que le Promaster.

Pour ce qui est du moteur,  j'ai opté pour le moteur à essence, le Pentastar V6 fort utilisé chez Chrysler. Ce moteur a une bonne réputation, mais il faut voir ce que ça va donner à long terme dans un véhicule plus lourd à vocation commerciale. Même chose pour la transmission.

Chose certaine, je suis content de ne pas y être allé avec la version diesel: il y a eu de gros problèmes avec l'adaptation du moteur européen aux normes américaines. Y a des gars sur le forum Promaster qui en ont fait une dépression.

Côté consommation d'essence, je m'en tire pas mal avec un 12L/100 km quand je traverse l'Amérique et un 14L/100 km dans mes déplacements aux Gorges. Encore là, c'est difficile de faire des comparaisons avec le Transit, mais j'ai cru comprendre que ce dernier est un peu plus énergivore.

Un bon indicatif de la qualité d'un véhicule, c'est les ventes:  c'est quand même rare que les gens se ruent sur un citron.  Voici les ventes du Promaster et de ses compétiteurs en mars dernier, pour les USA et le Canada,, selon le site goodcarbadcar:



Le Transit a  donc bouffé le marché. Pour ce qui est du Promaster, il est un peu devant le Sprinter et le (très laid) Nissan. Assez curieusement, les ventes du Promaster sont en forte progression aux States en 2016 par rapport à 2015 (+51%) alors qu'elles régressent au Canada (-47%). J'expliquerais ça par le fait qu'on voit de moins en moins de Promasters sur le terrain des concessionnaires au Québec, rien pour attirer la clientèle.

En résumé, je suis mi-figue mi-raisin par rapport au Promaster, alors je suis toujours embêté de répondre quand on me demande mon avis.



mardi 5 avril 2016

The Gorge, Le Road Trip

Aller aux Gorges par la route, c'est encore plus simple que d'aller au Carrefour Laval à partir du Plateau Mont-Royal.

Google Map propose deux itinéraires, l'un par la I-94 (4,358 km, 44 heures de route) et l'autre par la I-80 (4,649 km, 43 heures de route). Je préfère le trajet par la I-80, plus long en distance, mais plus rapide. J'ai pris une fois l'autre itinéraire, que j'ai trouvé parfois un peu pénible, surtout pendant la traversée de l'Ontario. Et, comme dit mon beau père, le beau chemin rallonge pas.



Donc, de Montréal, je prends la 20 qui devient la 401 en Ontario, puis éventuellement la 402 jusqu'à Sarnia, la ville frontière. Le point chaud, c'est évidemment la région de Toronto aux heures de pointe, alors mieux vaut s'arranger pour traverser la dite zone entre 11h et 14h.

Après c'est du bonbon: I69-W, I-94W qui devient la I-80W, on file jusqu'au Utah, puis on prend la I-84W jusqu'à Hood River.Un seul poste de péage, aucun feu de circulation à partir de la frontière. Facile, hein?

Évidemment, il y a toujours des petits bouts de route en construction, mais on est aux États-Unis quand même, ça niaise pas avec la rondelle. Le pire qui peut arriver, c'est un ralentissement à 80km/h. Ce qui est aussi très dépaysant par rapport au Québec et à l'Ontario, c'est la courtoisie généralisée sur la route.

Pas besoin d'avoir une super vessie, non plus, y a des "Rest Areas" toujours propres et à moins d'une heure d'intervalle entre eux, sauf peut-être au Wyoming. La palme revient à l'Iowa, où on pousse le luxe en nous proposant le wifi. D'ailleurs, les "Rest Areas" sont d'excellents endroits pour dormir: c'est tout à fait permis et très sécuritaire, vu le nombre de camionneurs qui y passent la nuit.

Même si je dégage pas beaucoup, il est quand même agréable de prendre une douche. C'est pourquoi je fais mes pleins d'essence dans les centres de services Pilot/Flying J. Avec la carte de fidélité, on a droit à une douche gratuite à tous les 50 gallons d'essence. Assez fabuleux, les salles de bains des truckers:



Plus de détails ici:

http://www.pilotflyingj.com/

Juste pour moi, la liste des centres de services, tout le long de la route:


En passant, un petit truc à la pompe, au cas où vous êtes tombé de la dernière pluie. Quand on vous demande un code zip pour valider votre transaction avec une carte de crédit, vous entrez les chiffres de votre code postal, suivi de deux zéros. Par exemple, mon code postal est H2J 3G2, le code zip est donc 23200.

Dernier petit conseil. Ne textez pas au volant, ça vaut vraiment la peine de regarder les paysages en roulant.