jeudi 25 août 2016

Les Trois Tentations du GuyT

Ça s'est passé il y a quelques jours aux Gorges.

Je sors du restaurant Pedro's Pizza, où je suis allé souper avec une copine. En reculant avec mon Promaster, j'enfonce le pare-choc d'une voiture toute neuve. Ma van s'en tire indemne,  mais c'est une autre histoire pour la belle Subaru:


Un petit diable dans ma tête me dit "hit and run, mon GuyT". Mais j'ai vite rejeté cette idée. Bon, faut dire que la copine avec qui j'étais est une policière, alors ça influence. Mais je pense que même si j'avais été seul, j'aurais fini par faire la même chose, soit d'appeler les policiers pour signaler l'accident. Un gars veut surtout pas se mettre dans le trouble aux States, t'as l'air fin si tu te fais interdire la frontière U.S. par la suite.

Deuxième tentation le lendemain à Roosevelt. Je trouve un portefeuille avec 65$ et des cartes. Planchette en avait déjà perdu un. Tout un drame, parce qu'il y avait ses cartes de crédit, son permis de conduire etc. On avait retrouvé le portefeuille, l'argent n'y était plus (200$), mais on s'en foutait, les cartes y  étaient encore.

J'ai donc été tenté de faire la même chose: je garde le fric et remets le portefeuille avec les cartes. Mais en regardant le contenu, je me suis rendu compte qu'il appartenait à un Mexicain, sans aucun doute un "fruit picker" qui a trimé dur pour ce 65$. J'ai donc remis le portefeuille avec l'intégralité de son contenu à Dan le "camp host". Je connais Dan depuis longtemps, c'est un gars qui respecte énormément ces travailleurs illégaux qui, disons-le, se font assez exploiter. Pas de doute dans ma tête que Dan va retrouver le propriétaire du portefeuille.

Le surlendemain, troisième tentation. Je vais manger au Thai à Hood River. J'y vais assez souvent, et comme j'ai fait connaître l'endroit à plusieurs personnes,  j'y suis toujours très bien accueilli par la famille qui tient le restaurant.

Aux États-Unis, un pourboire de 20% et plus est la norme. Si on laisse le 15% usuel au Québec, on passe pour un radin. Je paie donc ma facture avec un 20$, la serveuse me remet la monnaie. Je me rends tout de suite compte qu'elle m'a remis 1$ de trop.

Je peux donc laisser 4$ de pourboire, la serveuse va penser que je lui laisse 20% de pourboire, alors que dans les faits avec le 1$ de trop, je lui ai donné 15% de tip. Je quitte donc le restaurant, mais fais demi-tour et je remets le dollar de trop à la serveuse.


Le calcul que j'ai fait? En résistant comme Jésus-Christ aux trois tentations du diable, je venais de me gagner à coup sûr une place au Paradis. Même que ça pourrait être un Prime Spot.


samedi 9 avril 2016

Le Ram Promaster, Mon Avis


La question piège: alors, GuyT, t'es content de ton Promaster?

Petit retour dans le passé. J'ai commencé à faire des recherches en 2013 pour mon prochain Wind Mobile, celui qui allait être mon véhicule de transport pour cette retraite amplement méritée. Après tout, j'avais purgé la peine maximale, soit 35 ans d'enseignement.

Trois options s'offrait à moi: le Sprinter, le Ford Transit et le RAM Promaster. J'ai vite éliminé le Sprinter un peu à cause du prix, mais surtout à cause du service plus coûteux et plus compliqué, vu le nombre plus limité de concessionnaires Mercedez-Benz. Faire 4 heures de route pour une visite au concessionnaire MB le plus près d'Hood River, c'est pas quelque chose qui me tentait vraiment.

Restait donc le Ford Transit ou le RAM Promaster.  La décision s'est imposée d'elle-même quand Ford a reporté la sortie du Transit en début d'été 2014. Comme je voulais un véhicule aménagé avant l'arrivée du printemps...



Deux ans et 50,000 km plus tard, suis-je content de mon Promaster? Le Ford Transit aurait t-il valu l'attente?

Le gros avantage du Promaster par rapport aux autres de sa catégorie, c'est son rapport espace cargo/longueur et ce, grâce à sa largeur et sa forme carrée. Pour seulement 18 pouces de plus en longueur qu'un Chrysler Town & Country, je suis capable d'y entreposer 6 planches, 11 voiles, 8 mâts, 4 booms, tout en étant capable de vivre dedans. Et, avec mes 6 pieds, je suis capable d'y être debout. Pour avoir la même hauteur avec le Transit, il aurait fallu y aller avec le modèle plus long, donc plus difficile à garer dans les parkings restreints aux Gorges.




Autre avantage du Promaster: c'est que c'est une traction avant, alors il affronte mieux en hiver les bancs de neige du Plateau Mont-Royal.

Je n'ai pas essayé le Transit, mais chose certaine, le Promaster est très confortable sur de longues distances et se conduit aussi bien qu'une mini-fourgonnette. En fait, mon Promaster a un meilleur rayon de braquage que mon Chevrolet Uplander!

Mais mon gros questionnement, c'est par rapport à la fiabilité du Promaster. Bon, le mien est de la première cuvée, alors fallait que je m'attende à avoir les bugs des premiers modèles. Disons que je les ai pas mal tous eus: freins avant qui crient comme un cochon qu'on égorge, radiateur qui coule, suspension arrière qui fait couit couit. C'est corrigé depuis, mais si j'ajoute les 5 rappels,  j'ai passé pas mal de temps au garage. Remarquez, c'est un passe-temps comme un autre,  mais je peux vous dire qu'il y eu sur le forum Promaster une couple de travailleurs assez frustrés du temps et de l'argent perdu.

D'ailleurs, ça chiale pas mal plus sur le forum du Promaster que celui du Ford Transit, ce qui me laisse croire que le Transit a moins de problèmes.

On va se le dire, Promaster, c'est un produit Fiat (Fix It Again Tony) et, malgré l'aspect carré du véhicule, ils ont peut-être coupés les coins ronds niveau qualité. Par exemple, ma porte coulissante refuse de s'ouvrir de l'extérieur quand il fait trop chaud, un fil de métal qui se dilaterait un peu trop. J'ai examiné attentivement le Transit d'un copain aux Gorges et il me semble que ce dernier l'emporte coté qualité de construction. Mais y a jamais de miracles, le Transit coûte plus cher que le Promaster.

Pour ce qui est du moteur,  j'ai opté pour le moteur à essence, le Pentastar V6 fort utilisé chez Chrysler. Ce moteur a une bonne réputation, mais il faut voir ce que ça va donner à long terme dans un véhicule plus lourd à vocation commerciale. Même chose pour la transmission.

Chose certaine, je suis content de ne pas y être allé avec la version diesel: il y a eu de gros problèmes avec l'adaptation du moteur européen aux normes américaines. Y a des gars sur le forum Promaster qui en ont fait une dépression.

Côté consommation d'essence, je m'en tire pas mal avec un 12L/100 km quand je traverse l'Amérique et un 14L/100 km dans mes déplacements aux Gorges. Encore là, c'est difficile de faire des comparaisons avec le Transit, mais j'ai cru comprendre que ce dernier est un peu plus énergivore.

Un bon indicatif de la qualité d'un véhicule, c'est les ventes:  c'est quand même rare que les gens se ruent sur un citron.  Voici les ventes du Promaster et de ses compétiteurs en mars dernier, pour les USA et le Canada,, selon le site goodcarbadcar:



Le Transit a  donc bouffé le marché. Pour ce qui est du Promaster, il est un peu devant le Sprinter et le (très laid) Nissan. Assez curieusement, les ventes du Promaster sont en forte progression aux States en 2016 par rapport à 2015 (+51%) alors qu'elles régressent au Canada (-47%). J'expliquerais ça par le fait qu'on voit de moins en moins de Promasters sur le terrain des concessionnaires au Québec, rien pour attirer la clientèle.

En résumé, je suis mi-figue mi-raisin par rapport au Promaster, alors je suis toujours embêté de répondre quand on me demande mon avis.



mardi 5 avril 2016

The Gorge, Le Road Trip

Aller aux Gorges par la route, c'est encore plus simple que d'aller au Carrefour Laval à partir du Plateau Mont-Royal.

Google Map propose deux itinéraires, l'un par la I-94 (4,358 km, 44 heures de route) et l'autre par la I-80 (4,649 km, 43 heures de route). Je préfère le trajet par la I-80, plus long en distance, mais plus rapide. J'ai pris une fois l'autre itinéraire, que j'ai trouvé parfois un peu pénible, surtout pendant la traversée de l'Ontario. Et, comme dit mon beau père, le beau chemin rallonge pas.



Donc, de Montréal, je prends la 20 qui devient la 401 en Ontario, puis éventuellement la 402 jusqu'à Sarnia, la ville frontière. Le point chaud, c'est évidemment la région de Toronto aux heures de pointe, alors mieux vaut s'arranger pour traverser la dite zone entre 11h et 14h.

Après c'est du bonbon: I69-W, I-94W qui devient la I-80W, on file jusqu'au Utah, puis on prend la I-84W jusqu'à Hood River.Un seul poste de péage, aucun feu de circulation à partir de la frontière. Facile, hein?

Évidemment, il y a toujours des petits bouts de route en construction, mais on est aux États-Unis quand même, ça niaise pas avec la rondelle. Le pire qui peut arriver, c'est un ralentissement à 80km/h. Ce qui est aussi très dépaysant par rapport au Québec et à l'Ontario, c'est la courtoisie généralisée sur la route.

Pas besoin d'avoir une super vessie, non plus, y a des "Rest Areas" toujours propres et à moins d'une heure d'intervalle entre eux, sauf peut-être au Wyoming. La palme revient à l'Iowa, où on pousse le luxe en nous proposant le wifi. D'ailleurs, les "Rest Areas" sont d'excellents endroits pour dormir: c'est tout à fait permis et très sécuritaire, vu le nombre de camionneurs qui y passent la nuit.

Même si je dégage pas beaucoup, il est quand même agréable de prendre une douche. C'est pourquoi je fais mes pleins d'essence dans les centres de services Pilot/Flying J. Avec la carte de fidélité, on a droit à une douche gratuite à tous les 50 gallons d'essence. Assez fabuleux, les salles de bains des truckers:



Plus de détails ici:

http://www.pilotflyingj.com/

Juste pour moi, la liste des centres de services, tout le long de la route:


En passant, un petit truc à la pompe, au cas où vous êtes tombé de la dernière pluie. Quand on vous demande un code zip pour valider votre transaction avec une carte de crédit, vous entrez les chiffres de votre code postal, suivi de deux zéros. Par exemple, mon code postal est H2J 3G2, le code zip est donc 23200.

Dernier petit conseil. Ne textez pas au volant, ça vaut vraiment la peine de regarder les paysages en roulant.


lundi 28 décembre 2015

The Gorge, La Rivière Columbia


La rivière Columbia prend sa source en Colombie-Britanique, au Canada, pour se terminer 2,000 km plus loin dans l'océan Pacifique, à la frontière des états de l'Oregon et de Washington. Techniquement, c'est donc un fleuve, mais comme le terme n'existe pas en anglais, on parlera plutôt de la rivière Columbia.


La dénivellation de son point de départ à son point d'arrivée est de 2,700 pieds (820 m), ce qui fait d'elle la rivière la plus imposante aux États-Unis en terme de débit à son embouchure, soit 265,000 pieds cube par seconde (7,500 m3/s).  Pas moins de 14 centrales hydroélectriques tirent profit de ce fort débit, dont 3 dans la région immédiate des Gorges. Ces centrales augmentent la surface occupée par la rivière, ce qui diminue le courant. Sans ces centrales, la Columbia serait un paradis pour le kayak de rivière, mais impraticable pour le windsurf.

La rivière est principalement alimentée par la fonte des neiges des Rocheuses et des montagnes du nord-ouest américain. Première conséquence: l'eau est froide! Quand j'arrive au Gorges au début de juin, elle dépasse à peine les 55 degrés Fahrenheit (13° C) et ne deviendra théoriquement jamais plus chaude que 68 degrés Fahrenheit (20° C), une loi obligeant les centrales à maintenir la température froide pour la survie des saumons, autres grands amateurs de la rivière.On y arrive en maintenant le niveau de l'eau élevé et en modulant l'apport en eau fraîche des rivières affluentes.

En juin, j'utilise principalement une combinaison de type "streamer 5/3",  puis je passe à un 3/3 manches courtes/jambes longues, le reste de l'été. Il est assez rare que je porte un "shorty" sauf en 2015, où les périodes de grosse canicule se succédaient à un rythme d'enfer.

La quantité de neige reçue pendant l'hiver aura un impact important sur le courant qui crée, en partenariat avec la configuration du spot et le vent d'ouest, la houle sur le fleuve, le "swell", quoi.  La recette exacte pour avoir le swell optimal n'a pas encore été déchiffrée, mais certains spots (dont The Wall) s'accommodent mal de trop de courant, alors que c'est le contraire au Hatchery.

Le courant peut être très fort en début juin et il aime bien déporter les corps flottants. Donc, ce n'est pas la période idéale pour un planchiste qui peine encore à passer ses jibes, à moins d'être très rapide pour les waterstarts.

Sujet délicat, la qualité de l'eau. Je ne pense pas qu'on baigne dans des matières fécales, mais y a quand même pas mal d'agriculture en bordure de la rivière, alors y a sûrement pas mal de pesticides et autres produits chimiques rejetés dans la rivière. Et il y a cette centrale nucléaire de Handford, fermée depuis des lunes, mais avec des déchets radio-actifs très présents.


Apparemment, ça pourrait même devenir très problématique d'ici 15-20 ans. Mais bon, pour l'instant je n'ai pas encore rencontré de véliplanchiste fluorescent.

Je dois avouer que mes sinus et mon épiderme très sensibles ont plus de difficulté avec le lac Champlain qu'avec la rivière Columbia. Je dirais même que les rayons de soleil (omniprésent l'été) sont plus dangereux; faut surtout pas oublier de se crémer.
 


Dernière mise en garde, la rivière Columbia est aussi utilisée pour le transport maritime. Bien que je n'aie jamais entendu parler d'accidents grave entre une "barge" et un windsurfer, c'est une bonne idée de regarder de temps en temps à gauche et à droite, histoire de ne pas faire un face à face avec un  adversaire beaucoup plus gros que soi!





dimanche 6 décembre 2015

The Gorge, La Machine à Vent


À l'ouest, c'est l'océan Pacifique. 200 km plus à l'est, c'est le désert. Entre les deux, c'est des montagnes, des forêts luxuriantes et évidemment, la rivière Columbia qui serpente cette région qu'on appelle la Columbia River Gorge.



Le vent prend sa source dans la différence de température entre la côte pacifique et le désert. L'été, la combinaison de la fraicheur de la côte et de la chaleur du désert donne un vent d'ouest, alors que l'hiver, c'est plutôt le désert qui est plus froid, ce qui donne des vents d'est.

Évidemment, on préfère les vents d'ouest, parce que c'est l'été et que c'est généralement chaud et ensoleillé, mais aussi parce que la direction du vent est le sens contraire du courant, ce qui va créer du beau "swell" sur la rivière.

De temps en temps, un front traverse  les Gorges, ce qui, combiné au thermique, va donner du gros baston où les gros gars vont pouvoir enfin sortir leur 3.7 et contribuer au mythe des Gorges par des vidéos sur youtube et des rapports "you should have been here" sur les forums de windsurfing. Mais dans les faits, c'est 4 ou 5 grosses journées par été. Le reste, c'est plutôt du vent modéré à fort, soit du 15 à 25 nœuds. 

En 15 ans de fréquentations assidues, j'ai planché 85%  du temps. Si j'enlève les journées de vent léger où je fais de la 6.6 ou de la 7.4,  ce pourcentage tombe à 70%. Si j'adoptais l'attitude "Just say no to 5.0", mon pourcentage tomberait sous la barre des 50%.

Le tableau suivant vous donne une bonne idée du vent réel aux Gorges.  Il montre les voiles que j'ai utilisées de 2010 à 2013.  J'ai une petite tendance à naviguer sur-toilé, mais je dirais que ça ressemble pas mal à ce qu'un gars efficace de 175 livres (80 kg)  utiliserait.


Une question difficile à répondre: c'est quand le meilleur temps pour aller aux Gorges?

Voici mes stats de vent, semaine après semaine, pour l'année 2014, soit le nombre de journées planchées et plus précisément les journées où j'ai utilisé une voile de 5.3 et moins:




Donc, ce fut 87% de jours ventés, dont 51% de journées digne des Gorges. Cette année-là, le mois de juin fut assez exceptionnel, le mois de juillet en-deçà de la normale et le mois d'août dans les normes.

Une plus typique fut 2013:


Donc, un gros mois de juillet, mais une semaine très décevante en juin. En fait, j'avais jamais vu ça aux Gorges, une seule journée de planche en une semaine! Juin demeure quand même mon mois préféré parce qu'il y a moins de monde et que le vent a plus de chance de se rendre dans l'est, plus précisément à Roosevelt, mon spot favori. Il y quand même un risque, surtout en début de juin, lorsque l'été tarde à s'installer, comme ce fut le cas en 2013.

Donc, si je devais y aller pour un séjour plus court, je choisirais le mois de juillet, période où le thermique fonctionne habituellement à plein régime.Le mois d'août n'est pas à dédaigner non plus, le vent est plus modéré, plus concentré à Hood River, mais je dois avouer que je préfère une belle journée de 5.3/95L dans du vent relativement constant que dans de la grosse rafale comme c'est souvent le cas lors de ces grosses journées de juillet.



Car on se le cachera pas, le vent aux Gorges peut passer du meilleur au pire et vice-versa, souvent dans la même journée! C'est particulièrement vrai pour le spot fétiche des Gorges, le Hatchery. On aura l'occasion d'en reparler.