jeudi 3 août 2017

Tout un bilan Gorge 2017 pour Planchette

Ah, The Gorge, quel magnifique endroit pour bipolaires; le pire et le meilleur, souvent dans la même journée!

Donc, après un mois de juin très ordinaire, voilà-tu pas que la Columbia nous a balancé un mois de juillet comme on en avait pas vu depuis longtemps. 29 jours planchés sur une possibilité de 31, faut que je remonte à mes statistiques de 2013 pour battre ça (30/31). Mais en terme de journées de vent très fort en juillet, 2017 est au sommet avec 11 jours de brasse-camarade.

Les statistiques de Planchette pour ses vacances en juillet sont assez éloquentes. Voici les pourcentages d'utilisation du temps total sur l'eau, pour les voiles et planches qu'elle a utilisées. Pour mes stats, il suffit d'ajouter 1 mètre-carré à la voile et 10 litres à la planche et ça donne à peu près ça.


C'est donc sa 3.3 montée sur sa 69L qui aura servi le plus. C'est bien, c'est le kit qui lui va le mieux sur l'eau. À vous d'en juger:


Donc, un mois de juillet extraordinaire, avec une finale mémorable, deux jours de gros vent au spot favori de Planchette, son Hatch Chéri. Et elle a même quitté The Gorge sans regret, vu la semaine de pétole et de chaleur intense qu'on annonçait.

J'ai hâte qu'elle soit aussi à la retraite, parce que j'en ai marre de répondre pendant tout le mois de juin à la question ""When is Sylvie coming?" et en août  "When did Sylvie leave?". Elle doit avoir hâte aussi; imaginez la chance, du Guyt à temps plein 😉

jeudi 22 juin 2017

Bilan Hatteras 2017, part II

Ce fut donc un beau deux mois moins un jour au Cap. Comme je le disais dans le premier bilan, y a eu un peu plus d'une journée sur deux de vent, et les jours qu'il ventait pas, j'étais tout simplement heureux d'être à Buxton, Caroline du Nord.

Buxton, c'est la plus grosse ville des Outer Banks, avec à peu près 1200 habitants. Mais c'est en même temps le coin le moins touristique. Rien à voir avec Avon, une ville à peu près déserte hors saison.

Les six premières semaines, j'étais bien dans ma maison de location, dont j'ai masqué le nom; cette maison, c'est comme mes parking spots, faut pas toucher. ;)


La grosse paix. La maison juste à coté c'était aussi une maison de location, mais du genre petit bungalow de banlieue (par définition un étage), qui n'a rien à voir avec les maisons de 2, 3 ou même 4 étages sur pilotis que l'on retrouve au Cap. Les clients-types sont donc des personnes âgées qui ne veulent pas ou ne peuvent pas passer leurs journées à escalader des escaliers. Donc pas de gros partys, même pas pendant le Spring Break.



Mon autre voisin immédiat, c'était Brian, un surfeur qui travaille chez Fox,  une boutique au bout de la rue:


Brian nous a parlé longuement de son projet qu'il a mené à terme, soit la production de sel de mer. Il était fier de nous montrer les infrastructures qu'il a conçues lui-même à partir de matériaux recyclés, principalement des portes patios qui ont une vie très courte au Cap. Son énergie, il la tire exclusivement du soleil.



Le sel, il l'obtient  après avoir rempli son camion d'eau de mer à la fin de ses sessions de surf. Je me souviens plus exactement, mais il me semble que le soleil doit faire son œuvre pendant 60 jours avant que le sel se retrouve sur le comptoir de Fox.



Pour tuer toutes les bactéries, la température interne dans ses mini-serres doit dépasser 147 degrés Fahrenheit (64° Celsius) pendant 17 minutes. Ce qui m'a étonné, c'est qu'il réussi à atteindre cette température huit mois par année au Cap.

Une remarque de Planchette à propos de Brian qui m'avait touchée:

"Quand je vois les yeux allumés de certaines personnes et que je les entends parler avec candeur de leurs passions, il m'arrive de deviner comment  ils étaient, enfants. Et Brian, j'ai vu exactement à quoi il pouvait bien ressembler, tout petit".

Bon, on dirait que j'en ai pas terminé avec le Cap, j'en rajoute une couche bientôt.

lundi 19 juin 2017

Bilan Hatteras 2017 Part I

La vie de retraité ne laissant aucun répit, j'ai presque oublié de faire mon bilan Cap Hatteras 2017! Le voilà donc, celui de mon plus long séjour au Cap, soit 8 semaines moins un jour, du début avril à la fin mai.

La plupart des gens qui sont allés au Cap ce printemps vous diront qu'il  fut exceptionnel, sauf peut-être ceux qui ont eu la malchance de tomber sur la deuxième semaine d'avril ou la deuxième de mai. Vous le saurez pour les prochaines années, évitez d'aller au Cap les deuxièmes semaines du mois.

Mais qu'en est-il statistiquement parlant? Mon pourcentage de journées planchées est moindre cette année, donc à priori 2017 fut moins bon que les deux précédentes.


Par contre, très peu de journées sauvées par la peau des fesses avec la petite heure réglementaire en 8.4 ou 7.4. Le bonheur étant pour moi 3 heures de planche, 2017 fut la meilleure à ce niveau;  65% de journées où les trois heures ont été atteintes, c'est ma meilleure à date au Cap. Idem côté force du vent, 2017 fut assez exceptionnel.
 

Je dirais même qu'il a venté plus fort que mes stats sous-entendent. Un tiens valant mieux que deux tu l'auras, je me suis souvent dépêché à atteindre les 3 heures de bonheur sans attendre ces sud-ouest grimpants de fin d'après-midi. Et puis, j'adore ces sessions matinales en solitaire, même si elles sont en général moins venteuses.



Une statistique qu'il faudrait que j'ajoute, c'est le wetsuit utilisé. 2017 fut assez exceptionnel à ce niveau, j'étais en shorty la plupart du temps, même en avril. Donc, beaucoup de sud-ouest ensoleillés et très peu de nord-est frisquets.

J'ai donc quitté le Cap heureux, un peu plus gros que d'habitude.


Mais que Planchette s'en fasse pas, elle va retrouver son Guyt tout petit aux Gorges, y a  rien de mieux que le stress des Gorges pour faire maigrir un gars.

Ah oui, le pourcentage de fois où j'ai eu mon prime parking spot au Canadian Hole? 100%


lundi 22 mai 2017

Le Ciel à la fin de mes jours.

Hier, j'ai fait une bonne action par personne interposée (ça compte pareil).

Je suis allé à Frisco Woods, histoire de profiter d'un Nord-Est inattendu.. Après ma session réglementaire de 3 heures, j'ai fait la connaissance d'un jeune enthousiaste, un gars du Maryland dans la vingtaine qui s'est mis à la planche il y a deux ans. 


Il  a seulement deux voiles, une 4.7 et une 7.5. Il me demande avec quoi sortir. Je lui dit qu'il va en avoir plein les bras avec sa 7.5, mais que sa 4.7 risque d'être petite. Du nerf, le petit (130 livres), il part avec sa 7.5, la grosseur sur laquelle j'étais et vous connaissez ma propension à monter gros.

Un peu plus tard, je suis assis dans mon Promaster. Y a un vieux monsieur qui se présente. Je lui demande s'il a profité du beau vent matinal, il me dit non, le dimanche matin, c'est l'église. "It's something I do", qu'il me dit, sourire en coin.

Il a décidé d'abandonner la planche à voile et a du matériel à vendre. Il veut mon avis sur deux voiles en particulier. Il s'agit de deux Ezzy, une 5.5 et une 6.5. Elle datent de 2008, mais elles sont en parfaite condition. En fait , elles ont l'air neuves. Je lui dit qu'il pourrait facilement avoir 250$ pour chacune d'elles.

Je lui parle du jeune qui serait sûrement intéressé. Je lui dit que c'est le fun de voir un jeune se lancer dans le windsurfing, surtout en Amérique, où la moyenne d'âge des pratiquants ne cesse d'augmenter. Et j'ajoute que ça serait bien de l'encourager en lui vendant les voiles à bon prix, surtout que le jeune a pas l'air fortuné. J'ai sûrement touché sa fibre chrétienne,  il a vendu  les deux voiles au petit pour la modique somme de 175$.

Le jeune était tout content, il est venu me serrer la main pour mon rôle d'entremetteur. J'ai fait de même avec le vieux monsieur, en le félicitant pour sa bonne action.

Donc, le Ciel à la fin de mes jours s'est rapproché. La belle affaire, c'est que ça m'a rien coûté.

lundi 10 avril 2017

1001 Sorties: À la découverte de moi-même

Ce fut donc une belle première semaine au Cap: cinq sorties dont une qui tombe dans la catégorie des "On avait jamais vu ça". Pour vous dire comment c'était fort, Rita s'est fait emportée par une rafale de vent et roulait sur la plage! Enfin, c'est ce qu'on m'a raconté, moi, j'étais sur l'eau avec la 3.3 à Planchette.

Tenez, voilà à quoi ressemblait le Canadian Hole, le lendemain matin, quand le vent c'est calmé:



Sinon, ma première semaine avec Éric, avec qui je partage la maison pour deux semaines, s'est bien passée.  En tout cas, de mon point de vue. Faut dire que je l'avais testé l'an passé alors qu'il avait été notre invité pendant une semaine.  Mais Planchette était dans le décor, ce qui n'est pas le cas présentement. D'ailleurs,  elle avait beaucoup apprécié la présence d'Éric,  ça lui faisait quelqu'un avec qui parler.

Toujours du côté des relations avec le monde extérieur, petit malaise cette semaine.

Je reçois un message privé d'un ami Facebook  qui me demande si je pourrais le dépanner en l'accueillant avec un autre ami pour deux jours. Dans son message, il écrit la pire des choses qu'on puisse me dire:

" Sens toi bien à l'aise de refuser, il y a sûrement de la place dans un motel aux alentours en dernier recours ... Mais le Cap sans les chums et les histoires de la journée à se raconter c'est comme pas pareil !".

Justement, si vous voulez que je sois mal à l'aise, mettez-moi dans un groupe. Une relation de personne à personne, ça va. Mais plus que ça, c'est "L'enfer, c'est les autres", de Jean-Paul Sartre.

Manque de pot, un couple m'a demandé la même chose le lendemain, J'ai aussi dit non et j'ai su par la suite que ça les avait offusqués, je l'ai appris d'un ami commun.

Luc,  je le vois depuis 25 ans, soit depuis mes tout début en windsurfing en 1993. On a souvent des conversations intimes, alors on se connaît bien. Il partageait une maison avec le couple en question. Pour expliquer mon refus, Il leur a  dit "Faut pas en vouloir à GuyT, c'est un autiste intelligent".

J'ai franchement rigolé quand il m'a raconté ça. Deuxième réflexe, je suis allé sur Internet, histoire de passer un test d'autisme. Surprise, je score très haut dans le spectre!





Me voilà donc rassuré pour le reste de mon existence, fini les sentiments de culpabilité parce que je suis malhabile socialement.  Et ça explique certaines manies chez moi, comme ce goût immodéré pour les statistiques.

Remarquez, je pourrais toujours suivre une thérapie coûteuse pour améliorer les choses. Mais bon, vu le prix de l'équipement de windsurf, faut savoir prioriser, non?

lundi 3 avril 2017

1001 Sorties: L'Arrivée

Après 1351 km, 15h34 de route et $47.50 de péages, je suis arrivé hier au Canadian Hole. Comme c'était pas chaud (10C), que le vent me semblait léger et que je suis pas encore certain de mon épaule, j'ai limité l'affaire à une petite heure de planche en mode surtoilé (7.4/125L).

La route fut agréable, dommage que j'ai pas pris de photo dans les Adirondack, c'était beau de voir la nouvelle neige qui pesait sur les branches d'arbres, fatigués par un hiver qui s'éternise. J'ai suivi les conseils d'une amie et j'ai couché au Rest Area à l'entrée du Pont de la baie de Cheasapeak, histoire de traverser le pont (7 km), au levé du soleil. Dommage qu'elle avait pas spécifié qu'il fallait que je lève pendant qu'il faisait encore noir, si je voulais pas le rater.

Un gros merci à Julie (la dame cachée dans le GPS) qui m'a ramené à plusieurs reprises sur le droit chemin. À un moment donné, je l'ai presque senti perdre patience quand elle m'a dit "Vous tournez à gauche quand vous pourrez."

J'étais content de retrouver ma maison à Buxton. J'y suis pour 6 semaines, les 4 premières gracieuseté de Planchette. Mes voisins sont des pêcheurs, à voir leur mine, j'ai pas à m'inquiéter en cas d'attaque de zombies.



On nous annonce de gros vents pour les jours qui suivent, mais aujourd'hui, c'est calme, alors j'en ai profité pour aller voir si la mer est toujours là.



Elle l'est.

Tourlou!

vendredi 31 mars 2017

1001 Sorties: Départ pour le Cap

Bon voilà, c'est demain mon départ pour le Cap Hatteras; c'est mon cinquième séjour là-bas, mais y a du nouveau cet année: je fais la route seul, sans mon partenaire de planche.

Se rendre à The Gorge (4,800 km), c'est un jeu d'enfant: la I-69, puis la I-94 qui devient la I-80 et finalement la I-84, du Utah à Hood River. Pour aller au Cap Hatteras (1362 km), c'est une autre histoire. Visuellement, ça a l'air simple:


Mais dans les faits, c'est compliqué: 46 changements de route, 4 pages d'instructions Google Map. Même avec Planchette comme copilote, j'arrive toujours à prendre la mauvaise sortie, ce qui provoque chez moi une poussée immédiate d'urticaire suivi d'une bonne engueulade avec Planchette, qui n'apprécie pas toujours son rôle de bouc émissaire.
  
Mes chances d'arriver à bon port en m'appuyant seulement sur mes propres ressources sont évidemment nulles. Je me suis donc procuré un navigateur gps Garmin, que j'ai testé sommairement. Comment ai-je pu vivre sans ce gadget? La madame me prépare psychologiquement avant un changement de route, insiste juste ce qu'il faut quand c'est le moment crucial, s'impatiente pas après moi quand je gaffe et me suggère tout se suite les correctifs nécessaires. Tout ça avec une voix incroyablement sexy.

Pour me mettre dans l'ambiance du road trip, j'écoute en boucle:


Comme le dit si bien un commentaire du vidéo, "la musique était meilleure quand on laissait les gens laids en faire".

Tourlou!